Vers un " éco-graphisme " auto-proclamé ?

By 30 octobre 2008Humeur

À force d’être dans l’air du temps, le Rubicon est vite franchi… et nous voilà à créer un néologisme au sens douteux pour justifier une parodie d’engagement. Tout doit être propre, vert et durable. Soyons des " éco-graphistes " !

Lequel d’entre nous n’a pas rêvé de s’auto-proclamer graphiste labellisé Développement Durable pour faire la différence et remporter de nouveaux marchés ?
C’est tentant, mais ce serait une ineptie. Il n’y a pas " d’éco-graphistes ". Nulle part. N’en achetez pas, c’est du toc !

Tentante ineptie donc. Car c’est le geste qui se doit d’évoluer, le comportement qui doit changer. Le graphiste reste dans l’immatériel, il agence, valorise, équilibre mais, in fine, son travail n’influence en rien l’avenir de notre maison Terre. Ce sont les supports recevant son travail, les stratégies de diffusion choisies qui feront de ses heures de travail des outils éco-conçus ou non.

Pour être efficace et pertinent dans ses engagements, le graphiste doit transcender sa fonction en participant à une politique de développement réfléchie et transversale. Il doit intégrer une équipe ayant clairement ciblé ses objectifs pour une production durable.

Peut-être est-ce la première leçon : ce qui est durable est collectif.

Tout est dit (Mitchell).

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